Exemple de projet : Voisin-age

L’idée de base «initier, soutenir et promouvoir la capacité pour chacun de participer à des « dynamiques solidaires de voisinage » indispensables à un combat efficace contre le processus d’isolement et de relégation des personnes âgées fragilisées, en utilisant un outil support de la relation : un site dédié et sécurisé ». 
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Exemple de projet : Super-Marmite

Ce projet vise à mettre en lien les personnes qui de chez eux seraient prêtes à cuisiner pour les autres et ceux qui sont à la recherche d'une nourriture faite maison abordable. Cette initiative utilise le réseau social pour créer des liens entre les personnes et donner des commentaires et des notes pour permettre d'obtenir des indicateurs de confiance et de reconnaissance des qualités culinaires. Tout cela couplé à un outil de géolocalisation pour trouver les cuisiniers les plus proches.

Exemple de projet : Reconnect

Pour permettre aux personnes en situation de précarité de rester joignables, RECONNECT met à leur disposition une boîte vocale permettant de faciliter les démarches administratives, la recherche d'emploi ou de logement, mais aussi plus simplement pour garder le contact avec ses proches. En innovant à partir des enjeux sociaux les plus lourds, Reconnect aborde l'utilisation des technologies par les usages des publics les plus exclus, et contribue à renverser les logiques d'innovation des opérateurs.

Exemple de projet : Babyloan :

C'est une plateforme qui permet à des internautes de prêter de l'argent à des entrepreneurs du sud afin que ceux-ci puissent se lancer ou développer leur micro-entreprise. En plus d'allier objectifs solidaires et approche professionelle, ce site devient un exemple pour de nombreuses initiatives. La mise en place de ce type de projets favorise le développement d'une autre approche financière envers les publics en exclusion bancaire, et devrait permettre de faire évoluer la législation pour pouvoir prêter plus facilement à des entrepreneurs en France.

Exemple de projet : IDACT

Le manque de plans adaptés pour utiliser les transports en commun et d'autres lieux est un réel problème de mobilité et d'autonomie pour la population malvoyante. IDACT a développé une application iPad contenant une base de donnée de plans de métro et de gares en tirant partie des progrès technologiques actuels comme le tactile, l'audio, le contraste et le zoom qui facilitent énormément la lecture des déficients visuels. Des fonctions ludiques et pédagogiques pour faciliter la reconnaissance des lieux ont été ajoutées.

Exemple de projet : Un jour à vendre

L'objectif du projet est de bâtir, dans chaque commune, une place de marché dans laquelle propriétaires et candidats se trouvent et créent la relation. Ce projet permet de stocker les intentions des individus dans leur désir d'acheter ou de vendre un logement. Avec ces intentions qui sont stockées dans le temps sur la plateforme, les vendeurs ou acheteurs peuvent rentrer en contact et ainsi discuter des possibilités de passage à l'acte de vente ou d'achat. Le but est de faciliter la mobilité tout en recréant du lien social entre les particuliers à l'échelle locale

Exemple de projet : Yoocasa

Yoocasa, est un espace convivial et sécurisé qui permet à l'enfant de continuer à développer ses relations avec son entourage familial distant. (famille dispersée, divorcée, recomposée). En proposant d'aller plus loin dans l'échange que ce que propose Skype, et de manière plus protégée que sur les réseaux comme Facebook, Yoocasa offre aux familles un système de visioconférence associé à un ensemble de services en ligne et de contenus ludiques pour favoriser la continuité du contact avec la famille.

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Pourquoi un Laboratoire d'Innovation en Ecosystèmes Numériques et Sociaux ?

MANIFESTE LIENS

Nous percevons depuis quelques années l'émergence de concepts innovants qui favorisent le développement de nouveaux projets pour le mieux vivre ensemble. Par les nouveaux usages qu’ils développent, ces projets amènent de nouvelles pratiques culturelles qui nous intéressent dans la mesure où elles favorisent un mieux vivre ensemble : une société plus en confiance, attentive à l’autre, respectueuse de l’environnement, co-construisant un monde durable et créatif. Par exemple, la location ou le troc d’objets entre particuliers, avec des projets comme My Recycle Stuff, Snapgoods ou Zilok, nous réapprennent à échanger ou partager nos biens avec les autres. Ces pratiques culturelles n’ont fondamentalement pas besoin des technologies numériques. Ce sont pour la plupart des pratiques anciennes que les communautés humaines avaient développées pour des raisons économiques, religieuses, morales ou de proximité. Néanmoins, ces pratiques ont été perdues au fil de deux siècles d’industrialisation massive et de progrès technologiques sans précèdent. Pour retrouver ces pratiques culturelles qui font société, de nombreuses voies y compris politiques sont proposées. Notre propos n’est pas d’investir ce débat mais plutôt de comprendre quels usages des technologies numériques sont constitutifs de pratiques culturelles favorisant le mieux vivre ensemble. Ces technologies outillent comme jamais la communauté humaine à l’heure où celle-ci cherche à recréer de la transparence, de la proximité, du lien.

En effet, la puissance des technologies relationnelles issues du numérique (réseaux sociaux, internet, mobile...) est telle qu’elles permettent de développer de nouvelles pratiques sociales au sein de communautés très larges (régionales, nationales, internationales..). Le numérique peut même s’effacer une fois la pratique sociale enracinée (exemple : les Jeudi de la colocation à Paris où 500 personnes se réunissent chaque mois dans un même lieu pour trouver des colocataires).

Par essence les technologies relationnelles sont des leviers de capacitation, de créativité, de collaboration et d’appropriation : "au niveau de la création, les technologies numériques nous outillent de mieux en mieux et permettent à un plus grand nombre d’acteurs d’intervenir dans l’innovation. Au niveau de l’appropriation, Internet permet une large diffusion et appropriation par le plus grand nombre. Il facilite l’émergence de nouveaux modèles économiques et de nouvelles pratiques (Jean-Michel Cornu)"
Ces nouveaux modèles permettent de débloquer des situations...Là où les individus n’arrivent plus à travailler ensemble, ils peuvent faciliter la création de la confiance ; lorsque le lien social a été perdu, ils permettent de reprendre contact ; dans l’immobilisme ils facilitent le passage à l’acte ; face à l’individualisme ils favorisent la mutualisation des moyens, etc...

Certains de ces concepts innovants sont si puissants qu’il a par exemple fallu tout juste 10 ans pour avoir 13 millions d'articles sur Wikipédia en 200 langues. Dans le cas de cette encyclopédie, l’utilisation de la technologie wiki a favorisé la pratique de collaboration, qui s’est elle même généralisée à tous les domaines, puisque, de plus en plus, nous savons collaborer pour construire des projets. Finalement, ces technologies peuvent parfois être le moyen de s’opposer à certaines pratiques courantes qui isolent les individus, et elles permettent au final de réinterroger l’ensemble de la société.

Or, des projets basés sur des concepts innovants du même type que Wikipédia se développent par centaines ces dernières années, et se répartissent sur des enjeux aussi variés que la santé, le logement, l’alimentation, l’éducation, la démocratie et la finance...  Ils introduisent de nouvelles pratiques sociales comme le partage avec son voisinage, les contributions libres autour de projets de communautés, l’accès à une démocratie participative, la consommation collaborative, des échanges de services et de biens au niveau local, du financement participatif, etc... Les projets qui favorisent ces pratiques nous donnent des pistes intéressantes pour réapprendre à faire société et mieux vivre ensemble.

Les porteurs de projets qui se projettent sur le chemin du futur l'ont bien compris, il ne s'agit plus de réparer les problèmes sociaux en appliquant des "rustines"  (exemple : donner des encyclopédies gratuites aux plus pauvres) mais d'innover pour introduire de nouvelles pratiques culturelles, capables d’anticiper les enjeux de société (exemple : aujourd'hui, tout le monde peut contribuer à améliorer la connaissance de l'encyclopédie wikipédia, et en bénéficier librement).

Pour que ces projets fonctionnent et aient un impact social maximal, nous pensons qu’ils doivent être réalisés dans des logiques contributives (co-construction, où les usagers peuvent à la fois être concepteurs, contributeurs, utilisateurs voir même financeurs...) et favoriser l’appropriation de l’initiative par une communauté.
Prenons l’exemple de “Couchsurfing”, un projet d’une dizaine d’années qui a su miser sur le développement d'une communauté pour fonctionner et qui est aujourd’hui le premier site d’hébergement entre personnes. Dans cette initiative, la communauté d'usagers conçoit, organise le projet, l’utilise, et le finance. On s’aperçoit alors que le modèle est très proche de ce qui s’est mis en place avec les communautés de Wikipédia ou de Linux : L'individu peut à la fois contribuer à la conception du service (exemple : il peut commenter pour améliorer la conception du projet), participer au travail sur le projet (exemple : en étant ambassadeur, pour par exemple aider les nouveaux arrivants), être usagé (en se logeant ou en logeant des personnes via la plateforme), et même financer le projet (par du don ou une adhésion). L'accès libre et la transparence sur ce type de projet permet de faire grandir la communauté d'usagers et donc le nombre de personnes prêtes à faire vivre le projet, le définir, le financer... Nous sommes alors dans des milieux "associés", les milieux qui ont permis le développement des projets collaboratifs de grande envergure dans le monde du logiciel et qui maintenant sont en train de se répandre à tous les domaines : l'agriculture avec les AMAP, les jardins partagés avec les AJONC, la cuisine avec des projets comme Super Marmite, la production d'objets avec les Fablab... Ces systèmes permettent une production collective de richesses, tout en laissant l'individu autonome et créatif. A travers ces modèles de coopération, nous ne sommes plus juste des consommateurs qui "achètent et jettent sans connaître l'impact de ce mode de consommation", ou alors des personnes dédiées à un emploi "où nous ne sommes qu'une force de travail réalisant des procédures dont nous n'avons ni le contrôle ni la connaissance", ou bien des "chercheurs qui conçoivent puis développent des procédures que l'on impose aux travailleurs".... Mais nous devenons à la fois les concepteurs, travailleurs et les usagers, avec une compétence à produire du savoir, qui permet dans le même temps, de grandir soi-même et de rendre plus puissant le groupe au sein duquel nous contribuons...

Au niveau des modèles économiques, on trouve le modèle de financement à partir du moment où les projets associent des communautés fortement impliquées (et c'est le cas de nombreux projets web), en engageant les individus à tous niveaux (de la conception, à l'usage, à la production jusqu'au financement). D'ailleurs,si l'on ne laisse pas à la communauté le choix de trouver le modèle économique du projet auquel elle est associée, on n'est déjà plus dans des logiques de co-création, et l'on perd l'idée du "milieu associé" où l'individu s'élève en même temps que le groupe....Par exemple, le projet "couchsurfing.org" fonctionne par l'"adhésion libre" ainsi que le don de la part de la communauté. Aujourd'hui, il est impensable de voir disparaître le projet Couchsurfing, parce que ses usagers sont prêts à tout pour qu’ils continue. Exactement à la manière de Paul Jorion, qui est aujourd'hui le chroniqueur le plus indépendant et le plus au service de ses lecteurs (il ne sert ni la publicité, ni des intérêts financiers extérieurs). Il enseigne à sa communauté autant qu'il apprend d'elle, il suffit pour cela de voir les centaines de commentaires de chacun de ses articles.... Aujourd'hui, la communauté ne souhaite pas voir disparaître ce travail d’éditorialisation de Paul Jorion, et est prête à le financer. C’est ce qu’elle fait depuis un an à travers le système de don que l'on peut voir sur le site.

Le modèle de développement et le modèle économique que nous exposons autour de ces projets permet de tendre vers une économie plus humaine et plus démocratique reposant sur des modèles d’organisation co-conçus avec les personnes et donc plus durables et plus adaptés aux usages.
Certains chercheurs parlent d'ailleurs d'un nouveau modèle de société, basé sur une économie de la contribution, qui pourrait-être une troisième voie au tout "état" ou au tout "marché".

C’est cette approche que nous souhaitons explorer à travers LIENS, en favorisant deux choses. Premièrement, l’émergence de projets à partir des enjeux sociaux les plus lourds, car il nous est tout simplement insupportable de baisser les bras face à tant de souffrances humaines. Et il se trouve que c’est l’innovation sous contrainte qui est la plus disruptive et bénéfique à tous.
En second lieu, l'accompagnement collectif de ces nouveaux projets qui donnent de nouvelles réponses aux enjeux sociétaux actuels.

 

-> Pour voir une présentation PREZI du projet, suivez le lien